Green ecology city concept  background ,illustration

Données sectorielles

Le parti-pris de ce panorama est de décrire les différents secteurs à partir de la caractérisation du tissu productif. Sans être exhaustif, il s’agit de donner un aperçu des champs d’intervention des éco-entreprises.
La présentation est structurée à partir des quatre filières du COSEI : les énergies renouvelables, l’eau et l’assainissement, le recyclage et la valorisation des déchets, l’efficacité énergétique.
En 2010, la production des filières historiques du secteur (eau, assainissement et déchets) représentait 37,4% de la production totale des éco-activités alors que celle des énergies renouvelables s’élevait à 12,4%.
Les filières récentes qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre ont connu un rythme de croissance très soutenu ces dix dernières années. A titre d’exemple, la croissance annuelle moyenne dans le secteur des énergies renouvelables a été soutenue et particulièrement forte sur la période 2004-2010 : 17,5 % malgré les politiques tarifaires erratiques de rachat de l’énergie.

Le secteur de l’eau

• L’eau et l’assainissement
L’eau est considérée en France comme un bien public. C’est l’Etat qui organise ce service public et garantit ainsi le droit de chaque habitant d’y accéder. Historiquement, le mode de gestion des services d’eau et d’assainissement rassemble des opérateurs publics et privés. Les collectivités en charge de ce service public peuvent choisir le mode de gestion de l’eau : gestion en régie ou par délégation de service public sur la base des contrats de délégation signés avec des opérateurs privés. Cette structuration du secteur qui est mixte (public-privé) a contribué à organiser ce marché de manière oligopolistique : trois grands groupes privés dominent le secteur ; Veolia, Suez-environnement et la SAUR qui détiennent près de 75% du marché privé de la gestion de l’eau en France.
Ensemble, ces entreprises interviennent tout au long de ce que l’on dénomme « petit cycle de l’eau », c’est-à-dire sur les activités qui conduisent à forer et capter l’eau, à produire l’eau potable, à la distribuer, et, après utilisation, à collecter et traiter les eaux usées avant de les rendre au milieu naturel.
Plus précisément, le tissu industriel de ce secteur est composé :
• des entreprises du captage et du forage qui sont essentiellement des TPE. Ces activités nécessitent d’importants investissements en termes d’outillage. Leur rayon d’action est local du fait des dimensions des foreuses et de la grande diversité des sols qui nécessite des outillages adaptés à chacune des spécificités,
• des entreprises qui conçoivent et construisent des installations de traitement de l’eau qui sont en grande majorité des grandes entreprises
• des ingénieries qui conçoivent et assistent les maitres d’ouvrages pour la conception d’ouvrages de traitement d’eau,
• les fabricants d’équipements nécessaires à la construction et au fonctionnement de ces stations ou au transport de l’eau. Pour la fabrication d’équipements nécessaires aux technologies intégrées dans les installations de traitement de l’eau, une grande majorité d’entreprises appartiennent à des grands groupes où des pôles R&D sont très développés ; pour le transport de l’eau, des PME familiales coexistent avec des grands groupes français.
• des sociétés de services pour gérer, exploiter et maintenir ces installations,
• de nombreuses petites entreprises innovantes qui se développent sur des marchés plus spécifiques, comme la phyto-restauration des eaux usées, la détection des pollutions, le traitement d’eaux usées urbaines et industrielles, le diagnostic et la cartographie des réseaux ou les marchés émergents que sont les réseaux d’eau intelligents et les mesures de la pollution de l’eau en continu.

Dans ce secteur, les innovations viennent surtout des start-up et des PME, qui connaissent un regain d’intérêt de la part des investisseurs financiers.
Rappelons enfin que l’expertise environnementale française est basée, entre autres, sur ce secteur clé. L’ « école française de l’eau » est reconnue mondialement et assure aux leaders Veolia et Suez-environnement une présence forte à l’international via leurs filiales ou des projets de construction d’installations de traitement de l’eau qui font intervenir des constructeurs locaux et un ou plusieurs experts français chargés de la maîtrise d’œuvre.
La gestion de l’eau et de l’assainissement est marquée par la présence des grands groupes car une entreprise doit être fortement capitalisée pour faire de l’exploitation.
• Le génie écologique, la biodiversité
L’objet du génie écologique est la préservation et le développement de la biodiversité par des actions adaptées sur les écosystèmes (entretien, restauration, réhabilitation…) prenant en compte leurs fonctionnalités, la diversité des habitats et l’ensemble des interactions qui les sous-tendent (source UPGE).
Les acteurs du génie écologique sont :
• des bureaux d’études naturalistes ou écologues
• des entreprises de travaux
• des entreprises du génie végétal
• des fournisseurs spécialisés pour la biodiversité
• des chercheurs spécialistes

Afin de préciser la filière du génie écologique, la Direction de l’eau et de la biodiversité du MEDDE a réalisé durant l’été 2012 une enquête auprès de 70 entreprises . Il en ressort les données suivantes :
– une immense majorité des entreprises de cette filière sont des TPE (66%), un tiers de PME (30%) et une très faible part de grands groupes (5%),
– cette filière est caractérisée par la forte représentation d’entreprises plutôt jeunes d’une dizaine d’années en moyenne pour les TPE et d’une vingtaine d’années en moyenne pour les PME,
– 64%de ces entreprises ont des activités R&D.

Les déchets

La situation économique et financière du marché des déchets est en train de redistribuer les cartes chez les acteurs français du secteur sur fond de faible croissance économique du marché de la collecte due à la réduction des volumes et aux nouveaux enjeux de valorisation.
La segmentation stratégique établie dans une étude récente a permis d’analyser les enjeux, les orientations stratégiques, ainsi que les avantages compétitifs des acteurs. Quatre grands ensembles stratégiques ressortent :
– les leaders intégrés font face à une remise en cause de leur hégémonie en France et à l’érosion de leurs performances d’exploitation par rapport à la période d’avant crise. Les enjeux pour eux : intégrer les recycleurs acquis ces dernières années, réduire leur endettement et leurs coûts d’exploitation, consolider leurs positions sur le territoire et à l’étranger ;
– les challengers intégrés s’appuient sur une forte notoriété à l’échelle régionale. Leur déploiement national reste pour eux une priorité, tout comme leurs stratégies de diversification dans la valorisation matière et dans l’amélioration des centres de tri ;
– les maîtres d’un maillon sont des acteurs de référence dans leurs domaines respectifs. Ils se doivent néanmoins d’investir dans la modernisation de leur outil de production afin d’accroître l’efficacité énergétique lors des phases de valorisation ;
– les recycleurs, cibles des ténors de la gestion des déchets ces dernières années, de nombreux recycleurs sont encore indépendants et peuvent le rester. Leur accès à des gisements de déchets spécifiques et leur savoir-faire technique leur assurent un avantage concurrentiel important.

• Valorisation des déchets
Cet axe porte sur le recyclage matière et organique des déchets et la valorisation énergétique des déchets. Les grands acteurs de ce marché sont en train de se structurer pour offrir une offre complète.
On va dans le sens d’une réflexion globale sur l’économie circulaire des déchets promouvant la valorisation industrielle et le recyclage des déchets. C’est le sens de la labellisation du pôle de compétitivité Team² qui travaille sur cette thématique.
La mise en place d’un cadre juridique adapté à cette nouvelle économie circulaire permettra de structurer et développer ce marché encore balbutiant à très fort potentiel.
• Le recyclage des déchets
Selon FEDEREC (Fédération de la récupération du recyclage et de la valorisation), on dénombrait 2150 entreprises dans le secteur du recyclage en 2011. Parmi celles-ci les entreprises ayant des activités liées aux ferrailles (37%), aux métaux non ferreux (35%), aux véhicules hors d’usage (28%), aux déchets industriels banals en mélange (26%) ou encore au papiers-cartons (21%) sont les plus représentées.
Le nombre des entreprises du secteur du recyclage n’a pas évolué entre 2010 et 2011 mais, en considérant une période plus longue (1999-2011), il s’est réduit de 47,5%. Cet important processus de concentration du secteur s’explique par deux processus concourants :
• des entreprises qui n’ont pas su renforcer leur structure financière pour faire face aux aléas économiques et diversifier leur offre,
• des entreprises dans lesquelles aucun successeur en interne n’a pu prendre la relève ce qui a provoqué leur mise sur le marché.

Le processus de concentration du secteur n’est pas encore achevé mais ne connaîtra plus de changement aussi significatif. Ce phénomène de concentration est accompagné d’une mutation concernant le type d’entreprises qui caractérisent ce secteur. Alors que les structures de plus de 20 salariés représentaient 7,5% des unités identifiées en 1999, elles représentent aujourd’hui 40% des entités qui composent cette filière. En 2011, 68% de ces entreprises appartenaient à un grand groupe.
L’ancrage territorial marque ce secteur car les entreprises du recyclage se développent près des gisements qu’elles exploitent et la variété des déchets éligibles au recyclage est de plus en plus étendue du fait de la réglementation notamment.
En 1999, 52% des entreprises du recyclage étaient mono-activité. Elles ne représentaient plus que 16% en 2011 alors que 63% d’entre elles exerçaient trois activités ou plus. Cette diversification qui permet de parer aux difficultés sectorielles consécutives à la crise économique, a connu une forte accélération en 2008. Ce phénomène s’explique également par la globalisation des politiques déchets que les entreprises ont mises en place pour répondre à l’augmentation des réglementations nationales et internationales, de plus en plus exigeantes en termes de sécurité et d’environnement, qui favorisent le recyclage plutôt que l’incinération ou l’enfouissement. En effet, pour les pouvoirs publics, le recyclage est devenu plus qu’un mode d’élimination des déchets, il consiste désormais à mettre en valeur des ressources dont la durabilité est désormais prise en compte.

• La valorisation énergétique des déchets
Elle comprend les activités de compostage, méthanisation, récupération de chaleur au niveau des stations d’épuration, incinération avec récupération d’énergie, biogaz, chaudière biomasse.
Concernant le biogaz, la production doit être doublée d’ici à 2015.
A côté des majors des déchets, plusieurs PME se sont développées sur les métiers de la valorisation énergétique des déchets depuis une dizaine d’années notamment dans le domaine de la méthanisation.
• Les sites et sols pollués
Le marché des sites et sols pollués se développe compte tenu de la hausse de la pression foncière, l’augmentation du prix des terrains et les actions des collectivités locales favorisant la reconversion de sites pour limiter l’étalement urbain. Ainsi, en dix ans, la dépense consacrée à la réhabilitation des sites pollués a plus que doublé.
La filière dépollution des friches regroupe 200 entreprises et pèse 2.500 emplois
Les informations relatives aux acteurs des sites et sols pollués ont été fournies par l’UPDS, Union professionnelle de la dépollution des sols, qui représente environ 70% du marché avec 42 adhérents répartis en :
– 24 entreprises dans le collège ingénierie et représentent 70 % du marché de l’Ingénierie des sites et sols pollués. Il est principalement composé de bureaux d’études dont 56% sont françaises. Dans ce groupe, 2 entreprises sont des grands groupes français,
– 18 entreprises dans le collège travaux et représentent 55 % du marché des travaux de réhabilitation des sites et sols pollués. Il s’agit principalement de filiales de grands-groupes présent dans le marché du BTP.

Les entreprises membres de l’UPDS représentent un CA cumulé de 348 M€ et 1980 salariés en 2011. Ce chiffre d’affaires a augmenté significativement (6%) en 2011 après 4 années de stagnation.
Les entreprises travaillant dans secteur des sites et sols polluées sont en général relativement récentes (moins de 20 ans). Les plus anciennes (« les pionniers ») ont commencé à travailler sur le sujet en 1985.
• La déconstruction
Cette filière compte près de 80 acteurs en France dont le CA est supérieur à 1M€ dont plus de la moitié sont des entreprises générant moins de 5 M€ dans cette activité qui est souvent liée à des activités de désamiantage et/ou de terrassement. La filière de la déconstruction est surtout pilotée par les filiales de grands groupes.
Cette filière est amenée à se développer et s’organiser dans le cadre de l’économie circulaire et la réutilisation des déchets issus de la déconstruction de bâtiments et usines en zones urbanisées.

Les énergies renouvelables

• Contexte général
Cette filière représente aujourd’hui 100 000 emplois pour un chiffre d’affaires qui s’élève à 10 Md€ .
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Si on considère la chaine de valeur dans son ensemble, on remarque que la filière des énergies renouvelables fait intervenir un nombre élevé d’acteurs très différents. A titre d’exemple, pour le solaire photovoltaïque, le monde de la recherche intervient très en amont de la chaîne de valeur et en aval, des distributeurs privés très différents, regroupant à la fois des particuliers et des grands groupes. Dans le détail, cette chaîne de valeur est segmentée comme suit .
– Recherche : de la recherche fondamentale à des projets finalisés et prototypes industriels, la recherche porte essentiellement sur la filière du silicium cristallin, majoritaire en termes de production. Cependant, elle se développe aussi sur les technologies de deuxième et troisième génération : couches minces, cellules photovoltaïques de type organique ou hybride et concepts à très hauts rendements. Les principaux laboratoires sont issus du CEA, du CNRS, des universités et Écoles d’Ingénieurs.
– Fabricants de machines-outils : il s’agit de la fourniture de machines-outils à destination des chaînes de fabrication.
– Fabricants de modules ou cellules : ils sont 17 fabricants de modules et/ou cellules.
– Fabricants de matériaux solaires : il s’agit des entreprises dont l’activité est la fabrication de matériaux entrant dans la composition des modules.
– Fabricants de matériel électrique : il s’agit des acteurs ayant pour activité la fabrication de matériel d’interconnexion, d’acheminement DC, de supervision, de sécurité, de conversion DC/AC… Il y a 46 entreprises actives.
– Fabricants de structures de supports : cela comprend la fabrication de structures de support en intégré au bâti ou intégré simplifié au bâti, segment sur lequel interviennent 64 entreprises.
– Contractants généraux : ces acteurs assurent le développement des projets (démarches administratives, montages juridiques et financiers, études de conception et d’exécution, travaux de pose et d’électricité, exploitation-maintenance.
– Producteurs d’électricité : sur ce segment, une grande diversité d’acteurs interviennent, ce sont des investisseurs privés comme les particuliers (installations résidentielles), agriculteurs, entreprises, contractants généraux, grands énergéticiens…

La majorité de ces acteurs se concentrent dans quelques régions françaises : l’Ile de France, la région Rhône Alpes, le pourtour méditerranéen (PACA et Languedoc Roussillon). Quelques grandes agglomérations ressortent également, à l’exemple de celles de Toulouse, Nantes, Poitiers, Bordeaux, Limoges et Strasbourg.

• Le solaire
Le solaire a progressé partout dans le monde et son coût baisse à tel point que la « parité réseau » se profile (coût équivalent aux prix de marché dictés par les énergies fossiles). Mais pour le moment, la filière dépend des aides publiques. En France, la réforme du système des aides a provoqué des licenciements et faillites dans la filière, tant chez les rares fabricants de cellules et panneaux implantés en France que chez les installateurs. Parmi les faillites, celle du groupe isérois Photowatt qui était le pionnier des cellules photovoltaïques «made in France ».
L’instabilité du cadre réglementaire (quatre arrêtés tarifaires en cinq ans) n’avait pas permis de consolider le secteur. Selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), plus de 100 millions d’euros avaient été investis depuis 2007 pour créer une quinzaine d’usines, avec, fin 2010, environ 25 000 emplois dans le secteur photovoltaïque (6 500 côté fabrication, 19 000 côté installateurs). La réforme des aides aurait entraîné, en 2011, la perte d’environ 10 000 emplois.
Pour promouvoir la production française, les industriels ont lancé plusieurs labels : AQPV (Alliance Qualité Photovoltaïque), Qualité PV (pour les toits résidentiels), Qualibat (petit tertiaire) et QE (capacité électrique PV).
Dans ce contexte difficile en France, les entreprises se tournent vers l’export, la diversification (notamment biogaz, biomasse-énergie) et l’innovation (tuile photovoltaïques, cellules haut de gamme).
• L’éolien
L’énergie éolienne est indispensable pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement pour 2020 : elle devra compter pour un quart des 20 millions de tonnes équivalent pétrole produits par les énergies renouvelables. Pour la filière éolienne, 25 GW sont prévus, dont 19 GW dans le terrestre.
Pourtant l’éolien terrestre est à la peine en France depuis mi 2011. Ce ralentissement s’explique par la crise du financement et les contraintes administratives de plus en plus lourdes auxquelles sont soumis les parcs terrestres.
Le Syndicat des énergies renouvelables a impulsé, fin 2010, la plateforme Windustry France afin d’aider à structurer la filière de l’éolien en facilitant la mise en réseau des entreprises et à améliorer la visibilité à l’étranger. Elle rassemble plus de 300 entreprises, positionnées sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la fabrication de pièces au développement de projets et à l’exploitation d’éoliennes, en passant par les travaux de génie électrique et de génie civil, le transport, le montage et la maintenance d’éoliennes.
Alors que l’éolien terrestre est freiné par une réglementation complexe, la France a l’ambition de construire une grande filière industrielle dans l’offshore, malgré son retard sur des pays comme le Royaume-Uni et l’Allemagne. Mais dans ce secteur la France présente des atouts géographiques et industriels. Le pays présente le deuxième potentiel européen sur le plan géographique et peut s’appuyer sur de grands groupes industriels prêts à investir lourdement pour prendre position sur un marché prometteur où les technologies ne sont pas encore matures.
L’enjeu des prochaines années résidera, en effet, dans les très grandes turbines de plus de 5 MW. Pour l’instant, seuls trois fabricants livrent déjà ces gigantesques machines, dont un français.

Krajobraz wiejski, Wiatraki, Energia, Ekologia
• Les énergies marines
Avec son littoral et sa présence outre-mer, la France dispose d’atouts pour développer les énergies marines et ambitionne de devenir l’un des leaders du secteur. Mais d’autres pays se sont d’ores et déjà positionnés sur ce marché dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis ou la Norvège.
Sur ce marché où les technologies ne sont pas encore matures, la France peut devenir compétitive en poursuivant ses efforts de recherche et développement et en comptant sur des industriels.
L’énergie marine renouvelable (EMR) est de plusieurs types :
• l’énergie des marées,
• l’énergie des courants avec des turbines sous-marines (hydroliennes),
• l’énergie thermique des mers qui exploite la différence thermique entre eaux de surface et eaux profondes,
• l’énergie des vagues récupérée par des bouées mécaniques,
• l’énergie osmotique, fondée sur la différence de concentration en sel entre eau douce et eau de mer.

• La biomasse
La biomasse est la première source d’énergie renouvelable en France et représente plus du tiers du potentiel de développement des énergies renouvelables à l’horizon 2020 avec, en locomotive, la filière bois-énergie. Le tarif d’achat a baissé en 2011, mais le Fonds chaleur de l’ADEME a contribué, entre 2009 et 2011, au lancement de 1638 installations, dont 357 en biomasse. La production de pellets devrait être tirée par la mise en service de grandes installations dans les prochaines années.
Les deux grands acteurs du marché s’organisent à côté de plus petits exploitants et d’industriels (papetiers…) qui installent des centrales sur leurs sites de production.

L’efficacité énergétique

• Les bâtiments à faible impact environnemental
La filière du bâtiment est diversifiée dans la mesure où concourt à la vie d’un bâtiment un large panel d’acteurs, depuis la programmation jusqu’à la gestion, en passant par la conception, la construction et l’exploitation.
On peut classer les acteurs par type de métiers : la maîtrise d’ouvrage, les architectes, les bureaux d’études et l’ingénierie, les économistes, les industriels, les fabriquants de matériaux et revêtements « éco-conçus » ou ayant des propriétés thermiques et environnementales, les distributeurs, les entreprises de mise en œuvre (entreprises et artisans), les entreprises de services (exploitation, diagnostics, …), les entreprises de collecte des déchets et de gestion de la démolition ou de la déconstruction.
Gravitent autour de ces métiers des petites entreprises avec des compétences très spécialisées qui interviennent à un moment donné de la conception, la construction ou de l’expoitation d’un bâtiment à faible impact environnemental : modélisation aéraulique, acoustique, calcul thermique, mesure et gestion des données énergétiques ou environnementales, intégration bâti d’énergies renouvelables, gestion des eaux pluviales, préservation de la biodiversité…
Les entreprises de travaux se caractérisent par une faible taille des établissements. Les entreprises de moins de 10 salariés représentent 93 % du total des établissements. Les TPE et PME réalisent 88 % du chiffre d’affaires du secteur .
De manière générale, la mobilisation des acteurs sur les enjeux du bâtiment à faible impact environnemental est motivée par l’évolution de la réglementation, les attentes des utilisateurs et les dynamiques de marché. Mais, le principal déterminant de la mobilisation des entreprises en faveur d’un bâtiment sain et à faible impact environnemental est le cadre réglementaire. Il impacte directement l’ensemble des acteurs de la filière du bâtiment et de la construction.
Des grands-groupes ont perçu cette orientation comme stratégique. Pour y répondre ils ont développé de nouvelles offres en lien avec la maitrise de l’énergie, l’amélioration du cadre de vie dans le neuf ou l’existant.
Sur ce marché très vaste de l’efficacité énergétique, le segment de l’éclairage, avec notamment les LED (diodes électroluminescentes) est particulièrement bien orienté. Plusieurs start-up françaises l’ont investi.
• Les smart grids
Le smart grid est un réseau électrique intelligent qui vise à rationaliser la consommation et optimiser la distribution d’électricité. Les smart grids vont de pair avec les gains d’efficacité énergétique et recoupent d’autres cleantech, comme les énergies renouvelables pour améliorer leur meilleur raccordement, les véhicules électriques pour intégrer leur charge au réseau, ou encore le bâtiment intelligent. Parce qu’ils nécessitent de nombreuses installations pour équiper un réseau, les systèmes smart grids, allant du pilotage des lignes haute tension jusqu’aux compteurs chez les particuliers, représentent des investissements élevés.
Ce secteur en fort développement subit de nombreux ajustements, fusions, acquisitions dans le monde et reste dominé par des géants internationaux. Il émerge cependant un grand nombre de start-up (notamment sur l’édition de logiciels de gestion des réseaux).

• La qualité de l’air intérieur
La qualité de l’air intérieur est devenu ces dernières années un enjeu de santé publique. Le marché se développe et structure sous l’impulsion récente de la réglementation (en particulier la loi du 12 juillet 2010 dite Loi Grenelle 2) qui a institué le principe de surveillance de la qualité de l’air intérieur pour les lieux recevant du public ou des populations sensibles, étiquetage des matériaux, ameublements, revêtements vis-à-vis de leurs émissions en composés organiques volatils.
L’évolution de la réglementation fait apparaitre de nouveaux acteurs économiques et de nouvelles offres pour répondre aux obligations des propriétaires et gestionnaires d’actifs immobiliers. Le processus pour répondre à cet enjeu de santé public est complexe et met en jeu un grand nombre d’acteurs qui n’étaient pas initialement identifiés dans le secteur de l’environnement.
Ainsi, pour les professionnels de l’immobilier, les enjeux concernant la qualité de l’air se situent à deux niveaux principaux :
• le choix et les recommandations sur les matériaux et les revêtements,
• la réhabilitation avec la volonté d’améliorer l’efficacité énergétique du bâti sans dégrader la qualité de l’air.

Le tissu économique de la qualité de l’air intérieur qui était jusqu’à peu de temps piloté par des équipementiers s’ouvrent à d’autres acteurs de tailles diverses : de la micro entreprise innovante qui s’appuie sur une technologie à l’entreprise déjà solide qui souhaite être un acteur de ce marché en plein essor.
• L’hydrogène et les piles à combustibles
L’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible (AFHYPAC) s’est réorganisée fin 2011 et s’est donnée pour objectif d’accélérer le décollage de l’activité commerciale en France.
Elle compte actuellement au niveau de ses membres 6 grands groupes industriels et 9 PME-PMI d’origine française : 2 dans le conseil, 6 dans la conception et la fabrication de dispositifs techniques innovants (souvent en relation avec des laboratoires publics) et un GIE (Green Access) spécialisé dans la commercialisation de certificats verts. Ces petites entreprises comptent entre 5 et 50 salariés.

On peut tirer plusieurs enseignements à partir de cette approche sectorielle du tissu industriel français des éco-entreprises :
– le tissu économique des acteurs est différent en fonction des filières. Les entreprises les plus anciennes sont principalement positionnées sur les métiers historiques et matures tels que l’eau et les déchets et (si on exclut les grands groupes) se sont développées progressivement en gardant un capital tenu par des personnes physiques souvent avec un lien familial,
– certains marchés de services en environnement ne sont accessibles qu’aux structures de taille importante compte tenu des besoins en investissement (gestion de l’eau, déchets, énergie…),
– les partenariats publics privés (PPP) conduisent à la concentration de la filière car ils nécessitent de grandes capacités de financements. Ils confortent les grandes entreprises et excluent les petites des grandes opérations.
– Les entreprises récentes sont souvent nées sous l’impulsion de stratégie « bas carbone » ou d’économie des ressources. Il s’agit de sociétés de services spécialisées dans le conseil sur les diminutions des gaz à effet de serre, adaptation au changement climatique, les énergies renouvelables et le bâtiment à faible impact environnemental. Ces sociétés ont dans leur majorité moins de 20 ans d’existence.
– au niveau de la trajectoire de croissance des petites entreprises se dessinent deux types de développement :
 l’hyperspécialisation pour devenir le champion dans une activité particulière. Le levier de croissance est prioritairement l’innovation et l’export,
– le développement ou l’adjonction de compétences connexes pour répondre à des besoins de plus en plus transverses
– l’environnement est perçu comme stratégique et relai de croissance pour la majorité des grands groupes. Ils développent de nouvelles offres et entités pour répondre à ces nouveaux enjeux ; ainsi les grands groupes historiques de l’eau et des déchets, sont rejoints sur ces marchés par les géants de la construction ou de l’énergie.

Le secteur de l’eau est la première éco-industrie française en termes d’activité et d’emplois avec deux champions qui dominent aussi le marché mondial. Ce secteur connaît un regain d’intérêt avec des tests de gestion plus intelligente de l’eau, venant des deux leaders mais aussi d’un vivier de startups qui intéressent les investisseurs.
Le secteur des déchets qui pèse presque autant que le secteur de l’eau poursuit un mouvement de consolidation dans la collecte et le recyclage matière des déchets. De nombreux petits recycleurs, qui ont vu leur marge opérationnelle éreintée par la crise de 2008, ont été rachetés ces dernières années. Les deux priorités de développement sont valorisation et innovation et permettent l’émergence de PME spécialisées.
Le secteur des énergies renouvelables est un secteur encore jeune et son développement est essentiellement orienté par l’environnement réglementaire et les systèmes d’aides. Du fait de ces incertitudes et plus particulièrement dans l’éolien et le solaire, seuls les grands groupes peuvent anticiper leur croissance car ils ont les ressources pour investir à moyen et long terme. Ils entrainent un important réseau de sous-traitants (génie civil, roulements…). Les principaux potentiels de croissance résident surtout dans les énergies marines, l’éolien offshore, la biomasse et la géothermie.
Le secteur de l’efficacité énergétique est l’un des plus prometteurs. Ce marché très vaste comprend de nombreux acteurs : des majors de la construction, des grands de la gestion intelligente de l’énergie à la start-up très innovante intervenant sur des sujets tels que les smart grids ou l’éclairage.

« Les éco-activités et l’emploi environnemental en 2010 : premiers résultats », Chiffres et statistiques, MEDDTL/CGDD, n°301, Mars 2012
Enquête auprès de 70 entreprises de la filière génie écologique, MEDDE, Septembre 2012
récente étude réalisée par le cabinet Xerfi intitulée « Le marché de la gestion des déchets – Repenser la chaîne de valeur pour pérenniser les performances ».
Idem
Étude réalisée en 2010 à partir des informations recueillies via le SNED, le SYRTA et les bilans des sociétés disponibles sur internet.
Sources : Livre blanc du SER
Idem
(Source : Grands agrégats économiques de la construction, 2006, MEDDTL)