
Florence Jasmin chez BSMART For Change – Les éco-entreprises françaises ont les solutions pour réussir la transition écologique
Invitée de l’émission Smart Impact sur BSMART For Change, animée par Thomas Hugues, Florence Jasmin, déléguée générale du PEXE, dresse un état des lieux lucide et optimiste de la filière française des solutions environnementales.
À la tête d’un réseau fédérant plus de 6 000 entreprises, elle œuvre depuis plus de 20 ans à structurer, accompagner et valoriser les acteurs de la transition écologique sur l’ensemble du territoire français.
Un réseau au service des solutions environnementales
Le PEXE se définit comme un « réseau de réseaux », rassemblant fédérations, pôles de compétitivité et syndicats professionnels autour des éco-entreprises. Ces structures couvrent l’ensemble des enjeux environnementaux : décarbonation, énergies renouvelables, économie circulaire, biodiversité, gestion des déchets, hydrogène ou encore qualité de l’air.

Florence Jasmin rappelle la nature de l’action d’une éco-entreprise, elle est avant tout « une entreprise qui propose des solutions pour réduire l’impact environnemental ». Un secteur qui n’a cessé d’évoluer depuis vingt ans, passant d’une logique de protection de l’environnement à une approche globale intégrant adaptation climatique, souveraineté des ressources et économie circulaire.
Un secteur dynamique et résilient
Grâce à son Observatoire des éco-entreprises, le PEXE analyse chaque année les évolutions du secteur. Les résultats sont encourageants :
- Un taux de satisfaction de 4,5/5,
- 40 % des entreprises actives à l’international,
- Une forte capacité d’innovation,
- Un tissu majoritairement composé de PME et de startups implantées localement.
Ces entreprises, souvent de petite taille (en moyenne 20 salariés), constituent un véritable levier de développement économique territorial. Elles recrutent localement et participent à la structuration des filières dans les régions.
Adaptation climatique : un enjeu désormais central
Si la lutte contre le réchauffement reste prioritaire, Florence Jasmin observe une montée en puissance des solutions d’adaptation : gestion des risques, résilience des territoires, lutte contre les inondations, îlots de chaleur urbains, érosion côtière. Face à la multiplication des événements climatiques extrêmes, elle souligne :
« Nous n’avons plus le choix. Il faut continuer à atténuer, mais aussi apprendre à s’adapter »

Innovation et économie circulaire : un changement de modèle
L’économie circulaire prend aujourd’hui une place stratégique, notamment dans le secteur du bâtiment. Réemploi des matériaux, transformation des déchets en ressources, valorisation de nouvelles matières : les éco-entreprises développent des solutions innovantes, parfois issues du vivant, comme par exemple l’utilisation d’algues dans les matériaux ou les peintures thermorégulatrices.
Florence Jasmin souligne l’ingéniosité des acteurs pour proposer des offres compétitives et durables.
Un défi persistant : la parité
Lors de l’interview, Florence Jasmin met également en lumière un point de vigilance : la faible représentation des femmes. Seules 13 % des équipes dirigeantes sont féminines, un chiffre encore trop bas pour un secteur pourtant tourné vers l’avenir.
Le financement, levier clé de la transition
Le PEXE publie depuis 2014 un annuaire des investisseurs de la transition écologique, recensant aujourd’hui 150 fonds. Cet outil permet aux entreprises d’identifier rapidement les financeurs adaptés à leurs besoins.

Les secteurs les plus attractifs pour les investisseurs sont notamment :
- Le numérique durable,
- L’eau et la biodiversité,
- L’agriculture durable,
- La gestion des risques climatiques.
Florence Jasmin insiste cependant sur un enjeu majeur : le manque d’information. De nombreuses entreprises ignorent encore les dispositifs auxquels elles peuvent prétendre :
« […] ce qu’on fait, ce sont des outils. On a parlé de l’annuaire des investisseurs. On a des fiches pratiques sur comment faire une levée de fonds ou comment travailler avec du financement participatif. Et on est là vraiment pour donner des informations utiles, concrètes et puis faire connaître ces réseaux et donner envie aux entreprises qui sont dans les territoires de rejoindre les réseaux. »
Des événements pour connecter les acteurs
Le PEXE joue aussi un rôle de catalyseur à travers ses événements :
- Les Rencontres Écotech Innovation (18 février 2026) dédiées à la construction durable,
- Le Forum National des Éco-Entreprises (2 avril 2026), rassemblant près de 500 participants autour du business, de l’innovation et de l’investissement.
Ces rendez-vous favorisent les synergies entre chercheurs, startups, grands groupes et financeurs.
Un optimisme lucide pour 2026
Dans un contexte géopolitique et économique complexe, Florence Jasmin reste confiante. Selon elle, l’engagement environnemental est désormais un levier stratégique, porté par les entreprises, les territoires, les banques et les citoyens.
« Les entreprises se sont engagées dans cette voie. Il n’y a pas de retour en arrière », affirme-t-elle.
À travers le PEXE, elle poursuit ainsi une ambition claire : transformer l’innovation environnementale française en moteur durable de compétitivité et de résilience.